Foire aux questions

Où en est l'éolien en mer dans le golfe du Lion ?

Le golfe du Lion a été retenu par l’État à l’issue du débat public de 2021 pour accueillir les premiers parcs éoliens flottants de taille «commercial» qui
succèdent aux projets pilotes ayant une vocation de démonstration technologique.
Cette zone présente des atouts exceptionnels : des vents forts et réguliers (tramontane et marin) et des infrastructures portuaires de référence, notamment les ports de Port-La Nouvelle et de Sète. L’éolien en mer est un pilier stratégique de la transition énergétique en France, avec un objectif de 15 GW de puissance totale installée d’ici 2035. Après les projets pilotes comme celui d’EFGL, installé en mer en 2025, deux parcs éoliens flottants ont été attribués lors de l’appel d’offres en mer n°6 (AO6) : Eoliennes Flottantes d’Occitanie (EFLO) dans le golfe du Lion, et Méditerranée Grand Large au large de Fos-sur-Mer.

Quelles sont les prochaines étapes du projet EFLO ?

PHASE DE DÉVELOPPEMENT
Le projet est dans sa phase de développement qui comprend : l’étude d’impact environnemental, la conception technique et l’ingénierie, et enfin le choix des équipements et fournisseurs. Cette période correspond aussi à celle de la concertation continue avec les acteurs du territoire et le grand public. Elle est marquée par le dépôt et l’instruction des demandes d’autorisations administratives, dont l’obtention est prévue à partir de 2028. Réseau de Transport d’Électricité (RTE), maître d’ouvrage du raccordement, procède en amont à ses propres demandes d’autorisations pour ses ouvrages (sous-station électrique en mer, câble de raccordement en mer, liaisons souterraines à terre).

PHASE DE TRAVAUX
Après le bouclage financier du projet, les travaux débuteront vers la fin de la décennie, avec la phase de construction, d’assemblage et d’installation des éoliennes avant la production des premiers électrons verts en 2032 au plus tôt.

Quelle est la différence entre EFLO et les projets pilotes ?

Le projet EFLO représente un véritable changement d’échelle par rapport aux fermes éoliennes pilotes.
Avec un maximum de 19 éoliennes contre 3 pour EFGL, une puissance installée d’environ 250 MW contre 30 MW, et des machines jusqu’à 300 mètres de haut environ contre 180 mètres, le parc EFLO produira 10 fois plus d’électricité, soit l’équivalent de la consommation électrique annuelle d’environ 500 000 habitants. Il sera aussi 2 fois plus éloigné des côtes (généralement à plus de 30 km en moyenne contre 16 km pour le projet EFGL). Au-delà de ces chiffres, le parc EFLO marque le passage de la phase expérimentale à la phase commerciale faisant appel à des besoins importants en savoir-faire locaux et en main-d’oeuvre qualifiée pour structurer durablement la filière industrielle régionale..

Est-ce que les éoliennes seront visibles de la côte ?

Situées généralement à plus de 30 kilomètres, et à 25km au plus proche de la côte, les éoliennes seront visibles à l’œil nu par temps dégagé.
Les premiers photomontages (simulations visuelles), réalisés lors du débat public ayant précédé l’appel d’offres AO6, montrent que les éoliennes apparaissent sous forme de silhouettes fines à l’horizon en conditions de visibilité optimales. Si leur hauteur est importante afin de capter au mieux la puissance des vents, leur structure est fine et généralement inférieure à 10 m de largeur.
L’éloignement des côtes à 25 km au plus proche, généralement à plus de 30 km (soit environ le double de la distance de la côte par rapport à la ferme pilote), permet de limiter l’impact visuel tout en optimisant la production d’énergie.

Comment le projet est-il raccordé au réseau électrique ?

L’électricité produite en mer sera acheminée vers la terre via un poste électrique en mer (aussi appelé sous-station) qui collecte l’énergie générée par les éoliennes. Un câble sous-marin transportera ensuite cette électricité jusqu’à l’atterrage souterrain, situé au niveau de Narbonne-Plage.
Cette commune a été retenue comme site de moindre impact à l’issue d’une concertation par RTE, gestionnaire du réseau électrique français et maître d’ouvrage du raccordement. De là, une liaison souterraine acheminera l’électricité jusqu’au poste électrique terrestre existant le plus proche situé sur la commune de Narbonne, où l’électricité sera injectée sur le réseau national. Entièrement souterrain et sous-marin depuis le parc éolien flottant, le raccordement au réseau électrique est conçu pour limiter les impacts environnementaux.

Pourquoi une concertation et sur quels sujets ?

La concertation continue, conduite par les équipes du projet EFLO sous l’égide de deux garants de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), fait suite au débat public de 2021.
Si la zone a déjà été retenue par l’État, plusieurs sujets restent ouverts : les coactivités au sein du parc (notamment avec la pêche professionnelle), les mesures environnementales adaptées au site, les retombées économiques pour le territoire, les modalités de participation du public et des parties prenantes, la contribution du projet à l’emploi local et la formation. Les missions des garants se poursuivront jusqu’à l’ouverture de la consultation du public prévue courant 2027, dans le cadre de la demande d’autorisation administrative de construction et d’exploitation du projet. L’équipe projet EFLO sera aux côtés des parties prenantes locales pour plusieurs dizaines d’années.

Comment le parc éolien est-il financé ?

Le projet est financé par Ocean Winds (90%), une co-entreprise d’ENGIE et EDP Renewables spécialisée dans l’éolien en mer, et par la Banque des Territoires (10%), groupe Caisse des Dépôts institution financière publique pour le financement de la transition énergétique.
Ils supportent les coûts de développement, de construction, d’installation et d’exploitation du parc éolien flottant, ainsi que les garanties pour le démantèlement. En contrepartie, l’électricité produite bénéficie d’un complément de rémunération.
Grâce au contrat de complément de rémunération, l’État limite son exposition aux fluctuations des prix du marché : il ne verse aux producteurs que la différence entre le prix garanti et le prix de marché si celui-ci est inférieur, tout en récupérant les excédents lorsque le prix de marché dépasse le tarif garanti. Ce mécanisme permet ainsi à l’État de maîtriser les coûts tout en sécurisant les investissements et sert d’amortisseur en cas de crise énergétique.
Le raccordement au réseau électrique est à la charge de RTE, gestionnaire du réseau électrique français qui se rembourse par les frais d’utilisation du réseau.

Quels bénéfices pour les communes du littoral ?

Le projet EFLO contribue à l’activité économique locale et au développement d’infrastructures portuaires tournées vers la transition énergétique comme le port de Port-La Nouvelle.
Porteur d’activités économiques nouvelles ou encore de sources de diversification, il créera des emplois durables lors de la construction, de l’exploitation et de la maintenance du parc.
Le projet générera une taxe éolienne maritime annuelle d’environ 5 millions d’euros par an. À ce jour au bénéfice de l’État, de la Collectivité, des pêcheurs ou encore la protection de l’environnement et le sauvetage en mer. Le projet prévoit également une enveloppe de 5 millions d’euros supplémentaires pour le financement d’actions territoriales, 25 millions d’euros pour participer à l’amélioration des connaissances sur le milieu marin et les mesures environnementales, 10 millions d’euros de financement et d’investissement participatif exclusivement ouverts aux habitants et entités d’Occitanie. EFLO s’est aussi engagé à confier au moins 10 % des prestations de développement, construction puis exploitation-maintenance aux PME et à dédier 400 000 heures à l’insertion professionnelle et l’apprentissage.

Quels sont les principaux effets du projet ?


Il n’existe aucune solution de production d’énergie sans impact.

Si le projet EFLO est susceptible d’avoir différents effets sur l’environnement et les activités humaines, ses porteurs s’engagent dans une démarche de responsabilité sociale et environnementale.
Avec la pêche professionnelle un dialogue est engagé pour garantir la meilleure cohabitation possible, valoriser les compétences des marins-pêcheurs, et dans la mesure du possible, maintenir les activités de pêche compatibles avec la présence du parc. Sur les milieux naturels le retour d’expérience comme les études approfondies permettent d’identifier les impacts sur l’environnement au sens large particulièrement sur la biodiversité sous-marine et l’avifaune, pour mettre en place les mesures nécessaires d’évitement et de réduction des risques, sinon de compensation. Un suivi environnemental sera assuré pendant toute la durée de vie du parc.
Les parcs éoliens participent à la souveraineté énergétique du pays et sont aussi porteurs de retombées positives pour le territoire : création d’emplois, opportunités pour les petites et moyennes entreprises, développement des activités portuaires et de la filière industrielle régionale. Une attention toute particulière sera donnée au tourisme et à l’accompagnement d’une offre de visites autour du parc éolien. Les visites en mer organisées autour des deux premiers parcs éoliens français démontrent l’attrait de ce type d’installation. Le parc Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc en est l’exemple, puisqu’il a attiré, entre mi-2023 et fin 2025, plus de 30 000 visiteurs grâce à une offre proposée aux touristes par une compagnie maritime locale !

Quelle est la durée de vie du parc ?

Un parc éolien en mer est conçu pour fonctionner pendant 30 ans.
Durant cette période, les éoliennes produiront de l’électricité renouvelable tout en faisant l’objet d’opérations régulières d’inspection et de maintenance. La production sera supervisée à terre, depuis une base opérationnelle généralement située au sein d’un port, comme celui de Port-La Nouvelle. À l’issue de cette longue phase d’exploitation, le maître d’ouvrage a l’obligation de démanteler les installations et de restituer le site dans un état comparable à l’état initial, des garanties financières étant prévues à cet effet dès le lancement du projet.
La technologie de l’éolien flottant facilite ces opérations puisque les installations sont amovibles et seront remorquées vers un port pour le démontage. Les matériaux sont ensuite recyclés, avec une attention particulière sur les pales et les aimants permanents. Le projet s’est d’ailleurs fixé des objectifs ambitieux en matière de recyclabilité de l’ensemble des composants.